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La stratégie du Parti socialiste plus que jamais confuse après le départ de Vallaud
information fournie par AFP 11/05/2026 à 14:27

Boris Vallaud, patron des députés PS, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 décembre 2025 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Boris Vallaud, patron des députés PS, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 décembre 2025 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Le PS plus que jamais dans la confusion pour 2027: le patron du parti Olivier Faure n'enterre pas l'idée d'une primaire malgré le départ fracassant de la direction du chef des députés Boris Vallaud, qui propose, sans convaincre, d'organiser à la place "des rencontres de la gauche plurielle".

Réfutant être à l'origine d'une nouvelle crise interne en annonçant vendredi le départ de son courant de la direction du parti, Boris Vallaud a justifié son choix lundi par "le sentiment d'un collectif défaillant" et d'"une direction qui ne donne pas de direction" alors que, par exemple, La France insoumise est déjà en ordre de bataille.

"Tout le monde est en campagne, mais pas nous", a-t-il fustigé sur France Inter.

Olivier Faure, réélu l'année dernière pour un quatrième mandat à la tête du PS, a "la responsabilité de mettre ce parti en ordre de bataille", a ajouté M. Vallaud, élu dans les Landes, sans réclamer cependant le départ du premier secrétaire, désormais minoritaire.

Une démission de toute façon exclue par l'intéressé qui a appelé, quelques minutes plus tard sur franceinfo, le PS à "avancer d'un même pas", martelant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible".

Au cœur des tensions depuis maintenant plusieurs semaines: la stratégie d'Olivier Faure de jouer la montre sur la désignation du candidat et sa tentation d'accepter la participation du PS à une primaire de la gauche non-mélenchoniste. Un processus défendu par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain, mais catégoriquement rejeté par Raphaël Glucksmann, François Hollande et Boris Vallaud.

Ce serait une "grande entreprise de désunion de la gauche où nous allons ouvrir des blessures qui ne cicatriseront pas ensuite", estime le député des Landes, qui propose plutôt "un rendez-vous de la gauche plurielle", allusion à la coalition de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, pour tenter de s'accorder sur "un contrat de législature, un contrat de gouvernement et un candidat commun".

"On est parfaitement capable de trouver quelque chose qui convienne à tout le monde", "une forme de consensus organisé après ce travail collectif", a-t-il plaidé.

- Enlisement -

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, à Paris, le 5 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, à Paris, le 5 mai 2026 ( AFP / Xavier GALIANA )

Ces déclarations ont laissé sceptique Olivier Faure. "Convoquer une nouvelle gauche plurielle, c'est exactement ce que, semaine après semaine, je tente de bâtir", a-t-il souligné, faisant valoir ses rencontres avec les écologistes. "Je veux un processus qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a-t-il insisté.

"Mais les partenaires disent: +Attendez, on veut bien une coalition, à une condition, c'est qu'on ait la règle de départage qui permet d'arriver à un candidat. C'est un peu trop facile de dire: +On va faire entrer tout le monde dans l'entonnoir, et puis à la fin, on vous dira qui est le candidat+", a-t-il estimé.

Partisan d'une primaire, à laquelle il pourrait candidater, le premier secrétaire refuse d'enterrer l'idée comme l'a fait dimanche sur France 3 François Hollande. L'ex-chef de l'Etat a jugé "qu'il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du Parti socialiste", faute de majorité au PS pour soutenir cette idée.

"Les Français disent à 85% qu'ils veulent une primaire de la gauche et des écologistes", a rétorqué Olivier Faure.

Pour autant, il a continué à ménager la chèvre et le chou en affirmant ne pas être "un fanatique de quelque processus que ce soit".

"La réalité, c'est que si je la proposais (la primaire) et que Raphaël Glucksmann, François Hollande, etc., n'y venaient pas, nous serions dans une situation où nous n'aurions pas trouvé une façon d'avancer", a-t-il admis.

Pour le politologue Rémi Lefebvre, le PS se retrouve "dans une impasse".

"Olivier Faure pensait avoir Boris Vallaud à l'usure sur la primaire, ça n'a pas marché. Mais Boris Vallaud sous-estime l'importance du mode de désignation du candidat pour les autres partis. Il considère que le PS a vocation à produire le candidat, mais les autres n'accepteront pas", résume-t-il.

"C'est l'enlisement, les choses se ressassent, ça n'avance pas", constate-t-il. "On ne voit pas bien l'issue".

3 commentaires

  • 15:19

    Comment voulez vous être crédible, quand un ancien président;, candidat potentiel sans le dire, a sacrifié une centrale nucléaire sur un coin de table pour gagner quelques voix. Quelle grande vision ambitieuse pour la France.


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